Les visionnaires viennent à Düren
26 mai 2025
Après nous, l’avenir
GKD s’est fixé l’objectif ambitieux de donner au monde plus que ce qu’on lui prend. Est-ce possible ? De quelle manière l’entreprise familiale anticipe et agit.
Les entreprises préfèrent ignorer cette question embarrassante : le monde va-t-il mieux parce que votre entreprise existe ? Paul Polman et Andrew Winston ont posé cette question pour la première fois en 2021 dans leur « Net Positive Manifesto » (titre français : « Le manifeste pour l’économie à impact positif net »). Depuis lors, elle obsède les directions des entreprises mondiales, préoccupe les analystes économiques et les journalistes et alimente les débats dans les médias sociaux. Beaucoup préfèrent laisser la question sans réponse. GKD, au contraire, a pris le taureau par les cornes. Le monde devrait être meilleur parce que GKD existe. C’est à la fois simple et compliqué. En effet, comment faire et comment le prouver ?
L’idée d’utiliser les ressources de manière responsable n’est pas nouvelle : le terme « durabilité » provient initialement de la sylviculture du 18e siècle. Aujourd’hui, c’est devenu un concept global d’équilibre écologique, économique et social ainsi qu’une référence centrale pour une économie durable. GKD a la chance de pouvoir proposer des produits et des solutions qui ont un impact positif sur l’environnement, par exemple des filtres, des tamis, des bandes filtrantes et de process, et même des toiles de façade en acier inoxydable. Ils filtrent les particules ou les polluants dans l’air ou les liquides, veillent à ce que les bâtiments se réchauffent moins ou réduisent la consommation d’énergie dans les processus de production. Tout cela s’inscrit dans la vision affichée publiquement par l’entreprise depuis 2023 : « FOR A HEALTHIER, CLEANER, SAFER WORLD ».
Une chose est claire : tout fabricant de produits qui favorisent la durabilité se facilite la vie. C’est vrai. D’un autre côté, l’entreprise familiale a toujours été réticente à céder à la facilité. Les Kufferath considèrent que la responsabilité et l’éthique jouent un rôle plus important. Pour eux, l’entreprise familiale a toujours été un engagement de gestion à long terme, orientée vers les générations futures. Autrement dit, il s’agit de principes durables.
Les meilleures idées n’ont pas besoin d’un label
Les produits et les solutions de GKD montrent comment, à partir des années 1980, l’entreprise a accordé de plus en plus d’importance aux aspects environnementaux. En 1983, les techniciens de GKD sont parvenus à mettre au point un tapis de séchage, utilisé dans les sucreries, qui permettait une économie d’énergie prouvée de 3 000 DM par heure par rapport aux tapis alors habituels. À l’époque, personne ne qualifiait cette démarche de durable et elle n’était pas non plus certifiée. C’était tout simplement la meilleure solution.
Et cela s’est reproduit, deux ans plus tard, pour une autre idée. Des tissus fins de GKD ont été mis en œuvre avec succès dans la construction aéronautique. Ils protègent aujourd’hui encore contre la foudre et les champs électromagnétiques. De même, les nuisances sonores des avions sont telles qu’elles peuvent provoquer des maladies. Les experts ont donc développé une toile spéciale pour applications acoustiques destinée aux moteurs d’avion, qui réduit considérablement le niveau sonore. Ces toiles tissées sont utilisées aujourd’hui encore.
À partir des années 1990, le concept de durabilité est devenu de plus en plus systématique chez GKD. En 1992, un groupe de travail stratégique interne à l’entreprise a commencé à identifier les potentiels durables : des besoins des clients jusqu’à la chaîne d’approvisionnement, de l’utilisation des matériaux jusqu’à l’optimisation des processus. Leurs résultats ont notamment été intégrés dans le « Manuel de stratégie 2000 » dans lequel on peut lire « utiliser autant que possible des matériaux recyclables » ou « des dispositions environnementales plus strictes représentent pour nous fondamentalement de nouvelles opportunités de marché ».
De nouveaux développements voient le jour dans les années 2000 : GKD tisse des métaux avec des fibres, du papier ou du plastique afin d’obtenir des matériaux capables de stocker le CO₂ ou de purifier l’eau. La durabilité devient une fonction. Les toiles tissées ne modifient pas seulement les processus, mais aussi les perspectives.
Les derniers développements pour la filtration des microplastiques dans le trafic routier avec le CAPTURION ou l’unité de séparation primée VORTX qui propulse la filtration des microplastiques à un niveau entièrement nouveau s’inscrivent dans cette tradition. Il s’agit de deux solutions pour un marché qui n’en est qu’à ses débuts et offre un énorme potentiel d’avenir.
Même les industries sales peuvent devenir plus propres
« Pour nous, en tant que dirigeants d’une entreprise familiale, la durabilité a toujours été synonyme d’action pour pérenniser l’avenir de l’entreprise », explique Stephan Kufferath. Au cours des quatre décennies pendant lesquelles lui et son frère Ingo ont dirigé l’entreprise, ces convictions ont été comme un leitmotiv silencieux : Prendre ses responsabilités. Penser durable. Transmettre à la génération suivante non seulement un produit, mais aussi un principe.
L’arrivée de Lara Kufferath en 2019 fait plus que donner un nouveau visage à cette stratégie, elle accélère aussi le rythme : « La durabilité est notre stratégie », tel est le message sans équivoque qu’elle adresse aux clients et aux partenaires commerciaux, aux filiales et aux collaborateurs dans le monde entier. « Je suis convaincue que nous avons plus de succès aujourd’hui grâce à notre démarche durable », déclare Lara Kufferath, à la tête de l’entreprise depuis 2024 avec une nouvelle équipe de direction. « Utiliser les ressources de manière efficiente, purifier l’eau ou produire de l’énergie verte sont des domaines d’activité rentables pour nous. Nous contribuons à améliorer le monde tout en gagnant de l’argent que nous réinvestissons dans l’avenir », poursuit la CEO. « La durabilité devient un facteur essentiel de réussite sur tous nos marchés, qu’il s’agisse de nos débouchés, des marchés du personnel de demain, des marchés financiers ou des fournisseurs ».
Par ailleurs, le fait de développer des produits également pour des industries dites « sales », comme l’industrie minière, n’est pas une contradiction. Étant donné que les besoins en minéraux et en matières premières, comme le lithium et les terres rares, augmentent rapidement pour les technologies, il n’est pas envisageable de se passer des anciennes industries parce qu’elles posent des problèmes écologiques. Au contraire, il est primordial de concevoir des processus d’extraction aussi efficaces, sûrs et économes en ressources que possible. GKD propose bien sûr également une gamme de produits adaptés à ce secteur.
En tant qu’entreprise opérant dans le monde entier, GKD vise la mise en œuvre de sa stratégie de durabilité sur tous ses sites, sur les cinq continents. La protection du climat, l’eau propre ou les processus de production sûrs sont après tout des défis mondiaux. Toutefois, les priorités en matière de durabilité sont variables en fonction du lieu et de l’environnement de marché. En Chine, les réglementations sont encore plus strictes qu’en Europe dans certains domaines. En Afrique du Sud, la gestion durable de l’eau figure en haut de la liste, et juste en dessous la production d’énergie durable au moyen du photovoltaïque. L’installation photovoltaïque de 270 kW, mise en place en 2023, a considérablement réduit l’empreinte de CO₂ du site de production, ce qui est encourageant. Mais pour l’équipe il est encore plus important d’assurer la fiabilité de la production, même en cas de fréquentes coupures de courant dans le pays. Des exemples similaires se retrouvent sur les autres sites : la durabilité n’est pas considérée comme un fardeau moral, mais comme une opportunité.
Objectifs à court et à long terme
L’idée fondamentale de la « Net Positive Company », telle qu’elle a été formulée par Polman et Winston en 2021, est de donner au monde plus que ce qu’on lui prend, pas seulement en matière de bilans de CO₂, mais plus largement au niveau écologique, économique et social.
Pour transposer cette vision dans la démarche de l’entreprise, GKD l’a divisée en trois champs d’action centraux. Premièrement : les produits et les solutions ainsi que les matériaux impliqués, qui contribuent à des processus durables dans divers domaines, tels que le traitement de l’eau, la réduction du CO₂ ou la mobilité électrique. Deuxièmement : la chaîne de création de valeur de l’entreprise qui va de l’approvisionnement en matières premières jusqu’à la logistique en passant par la production. Il s’agit en particulier de l’empreinte écologique qui concerne par exemple la consommation d’énergie et d’eau, les émissions et les déchets, et ce, tant au sein de l’entreprise que tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Et troisièmement : la contribution sociale, au sein de l’entreprise et au-delà.
Ce processus a été initié par l’initiative « Sustainable Economic Enterprise GKD » (SEE ») lancée il y a près de deux ans. Des collaborateurs issus des secteurs les plus divers ont ainsi travaillé ensemble à l’élaboration de structures visant à ancrer systématiquement la durabilité dans l’entreprise et à mettre en œuvre les exigences de l’UE dans le cadre de la législation CSRD. Cinq groupes de travail interdisciplinaires s’occupent depuis de mesures concrètes, d’analyses de potentiel et de champs d’action avec pour objectif de rendre visible l’impact de l’entreprise dans les domaines de l’environnement, de l’économie et de la société. L’initiative SEE a finalement donné naissance à la stratégie de durabilité de GKD, qui s’appuie sur ces bases. Depuis le début de l’année 2025, celle-ci désigne des objectifs concrets pour les trois champs d’action centraux, avec pour objectif à long terme de devenir une « Net Positive Company ».